Comment un coach crée ton plan alimentaire personnalisé

On me demande souvent en quoi le plan que j’envoie est vraiment différent des modèles que l’on trouve en ligne. La réponse honnête, c’est qu’un modèle commence par les aliments. Un plan alimentaire personnalisé commence par la personne, et c’est toute la différence.

Voici à quoi ressemble le processus, depuis notre premier échange jusqu’au plan que tu as entre les mains.

La plupart des contenus sur les plans alimentaires suivent la même logique : une série de repas que quelqu’un a jugés sains, présentés comme un plan. Ce n’est pas ainsi qu’un coach en nutrition travaille. Un vrai plan alimentaire personnalisé commence par une autre question, et ce n’est pas "qu’est-ce que tu devrais manger ?" C’est "qui es-tu, et à quoi ressemble vraiment ta vie ?"

Voici comment un coach en nutrition crée un plan alimentaire personnalisé, étape par étape, et ce qui distingue un plan construit pour toi d’un modèle générique auquel on a simplement ajouté ton nom.

01

Tout commence avant les aliments

La première chose qu’un coach en nutrition fait pour construire un plan alimentaire personnalisé n’est pas de choisir des ingrédients. Il commence par recueillir des informations, beaucoup d’informations. C’est à ce moment qu’un plan personnalisé commence à se distinguer d’un modèle.

Ce que je recueille avant d’écrire le moindre repas comprend les bases, poids actuel, taille, âge et niveau d’activité, mais je vais bien plus loin. Déjeunes-tu assise tranquillement ou en déplacement ? Cuisines-tu ou réchauffes-tu surtout des plats ? Y a-t-il des enfants, un partenaire avec d’autres habitudes, un travail qui bouleverse l’emploi du temps deux jours par semaine ? Les allergies, restrictions, problèmes de santé et médicaments éventuels font aussi partie de l’évaluation.

Je demande aussi ce qui s’est passé auparavant avec l’alimentation : ce qui a fonctionné, ce qui n’a pas fonctionné, ce qu’elle aime vraiment manger et ce qu’elle refuse. Si quelqu’un déteste le poisson, un plan avec du saumon trois fois par semaine n’est pas personnalisé, c’est un plan qu’elle abandonnera dans deux semaines.

Pourquoi l’évaluation initiale compte autant

La plupart des plans échouent non pas parce que la nutrition est mauvaise, mais parce que le plan ne correspond pas à la vie réelle de la personne. L’évaluation permet au coach en nutrition de repérer les points de friction avant qu’ils deviennent la raison d’abandonner.

02

Définir le bon objectif calorique

Une fois l’évaluation terminée, le premier calcul concerne les besoins énergétiques. Je pars de la dépense énergétique au repos, puis j’ajoute l’activité. Mifflin, St Jeor et leurs collègues ont publié dans l’American Journal of Clinical Nutrition en 1990 l’équation encore utilisée par de nombreux calculateurs, à partir de la dépense énergétique au repos mesurée chez 498 adultes en bonne santé.[1] Le mot important ici est prédictive. L’équation donne une bonne estimation pour une population, pas nécessairement pour la femme qui se trouve devant moi.

Les déclarations personnelles ne comblent pas non plus cet écart. Lichtman et ses collègues ont mesuré, dans le New England Journal of Medicine en 1992, ce que mangeaient réellement des personnes qui pensaient manger très peu et combien elles bougeaient réellement. Les déclarations étaient très éloignées des mesures.[2] Entre une équation prédictive et un journal alimentaire imparfait, il reste donc beaucoup de place pour qu’une femme puisse manger ce qui semble être un déficit calorique sans perdre de poids.

Je calibre donc le chiffre avec l’évaluation. "Modérément active" peut vouloir dire travailler assise et faire trois séances de sport par semaine, ou passer huit heures debout puis s’entraîner. Les besoins sont très différents, et un mauvais chiffre ne donne aucun résultat ou laisse la personne épuisée et affamée.

Ensuite, l’objectif détermine la cible. Pour perdre de la masse grasse, je crée généralement un déficit d’environ 300 à 600 calories sous le maintien, pas le chiffre le plus bas que je pourrais défendre. Pour gagner du muscle, un léger surplus. Pour une recomposition corporelle, environ le maintien, avec les protéines et l’entraînement qui font le travail.

L’objectif calorique n’est pas une supposition. C’est un calcul construit autour de ton corps, ton activité et ton objectif précis, puis recalibré lorsque ces éléments changent.

03

Construire la structure des macros

Une fois l’objectif calorique fixé, les calories sont réparties entre protéines, lipides et glucides. Les coachs en nutrition peuvent travailler différemment ici, mais l’ordre général reste souvent le même.

Les protéines sont définies en premier

Les protéines sont le premier macronutriment que je fixe, et la quantité est souvent plus élevée que ce que l’on imagine. Stokes et ses collègues ont passé en revue, dans Nutrients en 2018, les données sur la façon dont l’apport en protéines et l’entraînement en résistance agissent ensemble pour construire et préserver le muscle, y compris lorsque les calories sont réduites, et retiennent environ 1.6 gramme par kilogramme de poids corporel comme cible pratique.[3] Je travaille entre 1.6 et 2.2 grammes par kilogramme selon l’objectif et le volume d’entraînement. Mes clientes me disent avoir moins faim dans le haut de cette fourchette, même si cette revue n’avait pas pour objectif de mesurer l’appétit.

Les lipides viennent ensuite

Les lipides viennent ensuite, et j’évite de les traiter comme un simple bouton hormonal. Mumford et ses collègues ont étudié, dans l’American Journal of Clinical Nutrition en 2016, 259 femmes ayant des cycles menstruels réguliers dans l’étude BioCycle. Ils ont observé que l’apport en lipides était associé à des différences de concentrations d’hormones reproductives, avec des apports plus élevés en lipides totaux et polyinsaturés associés à un taux de testostérone plus élevé.[4] Il s’agit d’un résultat observationnel exploratoire. L’étude n’a pas testé un régime pauvre en lipides et ne montre pas qu’un tel régime nuit aux hormones. Ce que j’en retiens est plus simple : je garde les lipides à un niveau raisonnable au lieu de les réduire uniquement pour faire fonctionner le calcul calorique, et je laisse de la place aux matières grasses qui donnent du goût aux repas.

Les glucides complètent les calories restantes

Après les protéines et les lipides, le reste du budget revient aux glucides. Une personne qui s’entraîne cinq jours par semaine en a besoin de davantage qu’une personne peu active, et la répartition est ajustée si la faim ou la récupération montre que la première version n’était pas la bonne.

04

Transformer les chiffres en vrais repas

C’est la partie que les calculateurs en ligne ne savent pas faire. Tu peux donner à quelqu’un un objectif calorique et une répartition des macros, elle ne saura toujours pas quoi manger. Le travail consiste à transformer ces chiffres en vrais repas, à de vrais moments, avec des ingrédients qu’elle cuisinera réellement.

Je construis chaque repas autour des protéines. D’abord la source de protéines, puis la portion pour atteindre l’objectif, et ensuite le reste : glucides, légumes et matières grasses pour la cuisson ou l’assaisonnement.

Les repas doivent aussi fonctionner ensemble sur toute la journée. Si le petit-déjeuner contient beaucoup de glucides, le déjeuner et le dîner sont ajustés. Si l’emploi du temps crée une longue pause, la taille des repas autour de cette pause change. Le plan n’est pas une liste de repas, c’est une journée alimentaire complète qui fonctionne comme un système. Et il doit contenir des plats qu’elle cuisinera vraiment. J’ai vu des plans avec des macros parfaitement précises qu’une cliente savait immédiatement qu’elle ne préparerait jamais. Nutrition parfaite sur le papier, adhésion nulle.

Le problème de l’adhésion

Le plan nutritionnellement parfait ne sert à rien si personne ne le suit, et c’est pourquoi la personnalisation va au-delà des macros. Dans JAMA en 2005, Dansinger et ses collègues l’ont montré avec quatre régimes populaires : l’adhésion globale était faible, et la quantité de poids perdue suivait le degré d’adhésion au régime attribué, plutôt que le type de régime attribué.[5]

05

Le plan n’est pas figé

Ce qui distingue un coach en nutrition d’un modèle apparaît après la livraison. Un modèle reste identique. Un vrai plan évolue.

Les deux à trois premières semaines sont une période de calibration. Les calculs restent des estimations même lorsqu’ils sont faits avec soin, et ce que je veux observer pendant ces semaines est la réponse réelle du corps plutôt que celle prédite.

Il existe aussi une cible qui bouge en arrière-plan. Leibel, Rosenbaum et Hirsch ont montré dans le New England Journal of Medicine en 1995 qu’après une perte de poids, la dépense énergétique diminue davantage que ce que la réduction de la taille du corps explique à elle seule.[6] Le chiffre juste en première semaine n’est donc pas automatiquement le bon en dixième semaine, ce qui explique pourquoi un plan figé finit discrètement par ne plus fonctionner.

Le plan doit donc bouger. Si la perte est plus rapide que prévu, j’augmente légèrement les calories pour protéger la masse musculaire. Si rien ne change pendant trois semaines, je regarde l’adhésion et l’activité avant de modifier le déficit. Avoir faim tous les jours vers quinze heures est une information sur la répartition des repas, pas un défaut de caractère. Une cliente sous traitement GLP-1 a un petit appétit et d’autres contraintes, donc son plan est construit autour de ce qu’elle peut réellement manger. J’ai écrit séparément sur ce qu’il faut manger avec Ozempic.

Le plan de la huitième semaine est rarement identique à celui de la première, et ce n’est pas un échec, c’est précisément le but.

Un plan qui ne change jamais n’est pas personnalisé. La personnalisation réside dans l’ajustement, pas seulement dans le point de départ.

06

Ce qui rend un plan alimentaire personnalisé vraiment personnel

Voilà pour la partie technique. En dessous se trouve le jugement professionnel, et c’est probablement ce qui décide si le plan fonctionne vraiment.

Un bon coach en nutrition regarde la personne dans son ensemble. Si le suivi alimentaire a été difficile, le plan ne demandera pas de tout suivre. Si elle a essayé plusieurs régimes et que le point commun est toujours la privation, les anciens plans étaient trop restrictifs et le nouveau doit offrir davantage de volume alimentaire au même niveau calorique. Si elle est en périménopause et que son sommeil, son appétit ou sa capacité à s’entraîner ont changé, le plan en tient compte au lieu de répéter ce qui fonctionnait à trente ans. J’ai écrit séparément sur la prise de poids à la ménopause, ainsi que sur l’alimentation en cas d’hypothyroïdie pour les clientes qui ont reçu un diagnostic de maladie thyroïdienne. Si elle travaille de nuit, les horaires des repas s’adaptent, car petit-déjeuner, déjeuner et dîner veulent dire peu de choses pour quelqu’un qui se couche à neuf heures du matin.

Le jugement professionnel, c’est aussi savoir où s’arrête mon rôle. Je ne pose pas de diagnostic et je ne modifie aucun traitement. Si quelque chose dans l’évaluation relève du médical, j’oriente vers son médecin et le plan alimentaire vient en complément du traitement.

C’est la différence entre un coach en nutrition qui crée un plan et quelqu’un qui remplit un modèle. Le modèle applique une formule. Le coach exerce son jugement, parce que les chiffres n’ont jamais raconté toute l’histoire.

Le processus complet, en bref

1

Évaluation initialeObjectifs, mode de vie, emploi du temps, historique alimentaire, préférences, restrictions, contexte de santé et ce qui a déjà été essayé.

2

Objectif caloriqueLe TDEE est estimé pour ce corps et ce niveau d’activité précis, puis ajusté à l’objectif : déficit, surplus ou maintien.

3

Structure des macrosLes protéines sont définies en premier selon l’objectif et le poids corporel, les lipides restent à un niveau raisonnable et les glucides complètent le reste selon l’activité.

4

Construction des repasLes chiffres deviennent de vrais repas à partir d’aliments qu’elle aime, adaptés à son emploi du temps et en portions qui fonctionnent sur toute la journée.

5

Ajustement continuLe plan est recalibré selon la réponse du corps, les retours de la cliente et les changements de la vie d’une semaine à l’autre.

Questions fréquentes
Combien de temps faut-il à un coach en nutrition pour créer un plan alimentaire ?

Pour un plan réellement personnalisé, il faut généralement un à deux jours entre l’évaluation et la livraison. L’évaluation demande du temps, les calculs sont faits pour la personne concernée au lieu d’être repris d’un modèle, et chaque repas est vérifié par rapport aux objectifs de la journée. Les plans reçus en quelques minutes sont presque toujours basés sur des modèles.

De quelles informations un coach en nutrition a-t-il besoin pour créer un plan personnalisé ?

Au minimum : poids actuel, taille, âge, niveau d’activité et objectif. Une évaluation complète couvre aussi l’emploi du temps, les capacités et le temps disponible pour cuisiner, les préférences et aversions alimentaires, les restrictions, ce qui a déjà été essayé et pourquoi cela n’a pas fonctionné, ainsi que les facteurs de santé ou médicaments pertinents. Plus le coach en sait, plus le plan peut correspondre précisément à ta vraie vie.

Un plan alimentaire personnalisé par un coach en nutrition est-il meilleur qu’un modèle ?

Pour la plupart des gens, oui. Les modèles utilisent des chiffres et des préférences moyens. Un plan personnalisé est calibré sur tes besoins caloriques, construit avec des aliments que tu cuisineras réellement et adapté à ton emploi du temps. La différence apparaît dans l’adhésion : on suit les plans que l’on aime et on abandonne ceux qui ne conviennent pas. Personnaliser, c’est surtout enlever les frictions qui font arrêter.

Comment un coach en nutrition décide-t-il du nombre de calories dans un plan alimentaire ?

L’objectif est calculé à partir de la dépense énergétique quotidienne totale, qui tient compte de la dépense énergétique au repos et de l’activité, puis ajusté selon le but. Pour perdre de la masse grasse, cela signifie un déficit sous le TDEE, généralement de 300 à 600 calories. Le chiffre de départ est une estimation raisonnée, affinée selon la réponse réelle du corps pendant les premières semaines.

Puis-je obtenir un plan alimentaire personnalisé si j’ai un problème de santé ?

Souvent oui, et cela change la forme du plan. Un trouble thyroïdien, une résistance à l’insuline ou un SOPK influence les objectifs et les choix alimentaires, donc le coach doit le savoir pendant l’évaluation. Un coach en nutrition ne peut pas te diagnostiquer ni remplacer ton médecin. Si un problème est traité, le plan fonctionne en complément de ce traitement.

Un coach en nutrition ajuste-t-il le plan au fil du temps ?

Un bon coach le fait. Les calculs de départ sont des estimations, et les vrais corps ne réagissent pas toujours comme les chiffres le prédisent. Le plan est ajusté selon les progrès réels, les retours de la cliente sur la faim et l’énergie, et les changements d’emploi du temps ou d’objectif. Cette calibration est une différence majeure entre un accompagnement et un plan figé.

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Sources scientifiques
  1. Mifflin MD, St Jeor ST, Hill LA, Scott BJ, Daugherty SA, Koh YO. "A new predictive equation for resting energy expenditure in healthy individuals." American Journal of Clinical Nutrition. 1990;51(2):241-247. PMID 2305711. doi.org/10.1093/ajcn/51.2.241
  2. Lichtman SW, Pisarska K, Berman ER, et al. "Discrepancy between self-reported and actual caloric intake and exercise in obese subjects." New England Journal of Medicine. 1992;327(27):1893-1898. PMID 1454084. doi.org/10.1056/NEJM199212313272701
  3. Stokes T, Hector AJ, Morton RW, McGlory C, Phillips SM. "Recent perspectives regarding the role of dietary protein for the promotion of muscle hypertrophy with resistance exercise training." Nutrients. 2018;10(2):180. PMID 29414855. doi.org/10.3390/nu10020180
  4. Mumford SL, Chavarro JE, Zhang C, et al. "Dietary fat intake and reproductive hormone concentrations and ovulation in regularly menstruating women." American Journal of Clinical Nutrition. 2016;103(3):868-877. PMID 26843151. doi.org/10.3945/ajcn.115.119321
  5. Dansinger ML, Gleason JA, Griffith JL, Selker HP, Schaefer EJ. "Comparison of the Atkins, Ornish, Weight Watchers, and Zone diets for weight loss and heart disease risk reduction: a randomized trial." JAMA. 2005;293(1):43-53. PMID 15632335. doi.org/10.1001/jama.293.1.43
  6. Leibel RL, Rosenbaum M, Hirsch J. "Changes in energy expenditure resulting from altered body weight." New England Journal of Medicine. 1995;332(10):621-628. PMID 7632212. doi.org/10.1056/NEJM199503093321001
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